En Europe, c’est la Ligue 1 qui fait le plus confiance aux jeunes

Alors que le championnat de France est régulièrement associé à un tremplin pour les jeunes joueurs talentueux, une étude illustre la confiance des clubs français pour leurs jeunes éléments.

Publiée mardi, la lettre hebdomadaire n°174 de l’Observatoire du football CIES dévoile la liste des clubs ayant fait débuter des joueurs après le 1er juillet 2016. Il convient essentiel de préciser que le classement ne prend en compte que les clubs des cinq «grands» championnats: Premier League, Liga, Serie A, Bundesliga et Ligue 1. La pole position est détenue par la ligue 1, et ce de manière sensible. En effet, depuis juillet 2016, 29 débutants ont participé à des rencontres professionnelles et cumulent 11.129 minutes de jeu. A titre de comparaison, la Serie A (4ème) ne comptabilise que 15 débutants soit 2.181 minutes et le championnat anglais (5ème et dernière place) ne compte que 12 jeunes joueurs pour 907 minutes totales. Le gouffre paraît évident.
 
La formation française privilégiée
Autre élément pertinent. Si l’on se fie au classement par club établi par l’Observatoire du football CIES, on s’aperçoit que les clubs français sont particulièrement présents dans le haut du tableau (sur les 5 premiers, 4 entités footballistiques nationales: Nice 1er, Nantes 3ème, Toulouse 4ème, et Lyon 5ème), seul l’Espanyol Barcelone (2ème) parvient à s’intercaler. La palme en revient ainsi au club azuréen (3 joueurs lancés pour 2.245 min) dont la politique sportive, largement portée sur la formation (de joueurs techniques) et par causalité la jeunesse, semble porter ses fruits (l’OGC Nice 2ème réalise, pour le moment une très bonne saison avec 49 points à son compteur).

Des joueurs formés en France et rapidement lancés dans «le grand bain»
Enfin, sur le plan des jeunes professionnels, le classement illustre la forte présence française. Ainsi, sur 91 débutants répertoriés, 29 sont issus de clubs français, ce qui représente environ 32 % de tous les joueurs, belle performance. Les premières places sont, entre autres, trustées par Malang Sarr (1er avec 1.964 minutes, OGC Nice), Amine Harit (2ème, 1.728 min, FC Nantes), Maxime Lopez (4ème avec 1.080 min, Olympique de Marseille), Yann Karamoah (5ème, 1.070 min, SM Caen) ou encore Mouctar Diakhaby (7ème, 940 min, Olympique lyonnais). De plus, une grande majorité de ces joueurs n’a pas 20 ans ce qui traduit la volonté des clubs à les faire évoluer de manière précoce au plus haut niveau.

Une bonne formation? Oui, mais pour quel avenir et quelle stratégie?
Compte tenu des moyens dont disposent les clubs français par rapport aux clubs anglais, allemands ou espagnols, privilégier la formation peut constituer une alternative tout à fait viable. Les exemples niçois et lyonnais sont éloquents de ce choix orienté vers la formation locale. Par ailleurs, d’autres clubs, pourtant «riches», tels que le PSG et l’AS Monaco, n’hésitent pas à lancer de jeunes joueurs issus du cru, accompagnés par des recrues au potentiel certain ou expérimentées. Comme quoi, l’argument financier est certes crédible mais s’avère insuffisant.
Un constat peut dès lors être fait. La formation française est dans l’ensemble de «bonne» qualité. En témoigne l’attractivité des jeunes joueurs de clubs français par des entités étrangères. Néanmoins, les clubs hexagonaux laissent partir ces bons éléments contre de belles propositions financières. A titre personnel, certains jeunes joueurs cherchent également des challenges relevés dans des championnats au niveau plus intéressant (Premier League, Bundesliga ou Liga) malgré une Ligue 1 en nette progression globale (mentalité générale davantage portée sur l’offensive et le jeu, entraîneurs étrangers apportant leur vision etc…). Ainsi, l’équilibre entre une équipe compétitive, des finances saines et une volonté «business» (en vendant cher ses joueurs notamment) constitue un enjeu prééminent pour les clubs français… A ces derniers de se fixer leur politique générale et de ne pas se tromper dans leurs choix financiers et sportifs.

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